Grève du 9 décembre à la RATP : aux arrêts de bus, des bousculades et des cris

La moitié des bus devait rouler ce lundi. Mais un tiers des dépôts ont été bloqués, et des milliers d’usagers ont pris d’assaut les quelques véhicules disponibles.

Le trafic à la SNCF et à la RATP était très perturbé ce lundi 9 décembre, cinquième journée de la grève illimitée contre la réforme des retraites. LP/Olivier Lejeune

Par Sébastian Compagnon et Thibault BurbanLe 9 décembre 2019 à 13h56, modifié le 9 décembre 2019 à 14h52

Et si on prenait le bus? À la veille du cinquième jour de grève contre la réforme des retraites, beaucoup de Franciliens ont eu la même idée. Dimanche soir, la RATP annonçait que 50 % des bus seraient en circulation ce lundi. Sauf que… rien ne s’est passé comme prévu. Ce qui ressemblait à une bonne idée a viré au cauchemar.

« Des individus ont bloqué huit centres de bus sur 25 tôt dans la matinée, ce qui a énormément réduit le nombre de bus aux heures de pointe. Au lieu d’un bus sur deux, il y en avait un sur trois, c’était extrêmement compliqué », confie un porte-parole de la RATP.

VIDEO. Grève : gares et bus bondés, pluie… C’est la galère !

Parmi les dépôts bloqués figuraient celui de Lagny (Paris, XXe), celui d’Asnières (Hauts-de-Seine) ou encore d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Les blocages des centres de Lagny et d’Asnières ont été levés sans incident par les forces de l’ordre, aux alentours de 9h30. Les grévistes ont levé d’eux-mêmes les blocages des autres

Pendant ce temps, les voyageurs attendant leur bus, sous une pluie battante et un vent glacial, se sont retrouvés en plein chaos. Bousculades, cris, blocage des véhicules pleins à craquer par des usagers excédés : la tension était à son comble au pôle bus de la Gare du Nord.

« Le mauvais visage de l’être humain »

Aïcha, chercheuse, est partie à 7 heures de la plaine Saint-Denis – Stade de France. « J’ai une réunion à 9h30 à l’hôpital Necker, ça fait deux heures que j’essaie de prendre le 39 ou le 91, sans succès. Il y a de grosses bousculades, on voit vraiment le mauvais visage de l’être humain ce matin. Je préfère renoncer, je n’ai pas envie de me blesser. Je vais y aller à pied, j’en ai pour plus d’une heure. »

Le bus 38 inexistant

« Je suis venu tôt exprès. Mais entre ce qu’ils disent sur Internet et ce qui roule, ça n’a rien à voir ! » s’énerve Fabien. Le bus 38, qui relie la porte de la Chapelle à la porte d’Orléans, est quasi inexistant. « J’ai attendu 40 minutes avant de renoncer, il y a vraiment trop de monde », confirme Lucas.

Près de l’arrêt de bus pour la ligne 39, un attroupement s’est créé. Des usagers bloquent le passage d’un bus. Bondé, ce dernier ne peut plus accueillir de passagers. Comme ceux d’avant. « Ça fait presque deux heures qu’on attend là, on n’arrive pas à entrer dans un bus », soupire une femme se tenant un peu à l’écart.Newsletter – L’essentiel de l’actuChaque matin, l’actualité vue par Le ParisienJE M’INSCRISVotre adresse mail est collectée par Le Parisien pour vous permettre de recevoir nos actualités et offres commerciales. En savoir plus

« Tout ce qu’on veut, c’est que les bus viennent décharger ici, et non de l’autre côté, exhorte un homme aux forces de l’ordre venues en renfort. Sinon, il se remplit là-bas et nous sommes coincés ! » Malgré les tentatives d’apaisement du chauffeur et de plusieurs agents de la RATP, l’incompréhension prédomine parmi les usagers. D’autant plus que la rumeur selon laquelle ce bus serait le dernier se propage dans les rangs. « Je vous comprends mais ce n’est pas une raison pour se jeter devant le bus. Un accident a failli avoir lieu tout à l’heure… », avertit un agent de la RATP.. A partir de 10 heures, le trafic s’est peut à peu amélioré, avec « un bus sur deux », selon la RATP.

Plus de 12 000 chauffeurs à la RATP

Avec ses 350 lignes de bus en Ile-de-France, la RATP fait travailler plus de 12 000 postes de conducteurs. Souvent récemment entrés dans l’entreprises, les machinistes sont traditionnellement moins mobilisés lors des mouvements sociaux. « Les jeunes machinistes sont moins imprégnés par la culture syndicale que less agents du métro. En début de carrière, ils touchent environ 1500 euros net, c’est difficile pour eux de sacrifier un ou plusieurs jours de salaire », observe un syndicaliste. C’est sans doute pour cela que la RATP tablait sur un trafic « normal » sur de nombreuses lignes. Mais en bloquant les centres d’où partent de nombreuses lignes, des agents grévistes en ont décidé autrement.

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